mercredi 16 septembre 2015

Les mêmes immondes arguments des esclavagistes de la traite transatlantique du 18° siècle et des colonialistes français des 19° et 20° siècles

par Julie Amadis
15/9/2015
#IpEaVàEaFàF
1° publication
10 août 2012
REVACTU

Un individu humain - c'est-à-dire altruiste, ne supportant pas de voir et de savoir que d'autres humains souffrent - et donc une personne qui se bat pour un monde où plus personne ne vit dans la souffrance ne peut pas comprendre que des êtres qui dominent, exploitent et torturent puissent, non seulement agir de la sorte, mais aussi, inventer une doctrine morale justifiant leurs actions.


Dans son livre Noir Négoce, Olivier Merle donne le point de vue d'un naïf - son héros, Jean-Baptiste Clertant.
Celui-ci, jeune diplômé de l'école d'hydrographie du Havre est embauché – nous sommes en 1759 - comme second lieutenant sur l'Orion – un vaisseau de la traite atlantique. Ce n'est qu'après le départ, en mer, qu'il découvre peu à peu sa participation à la « traite négrière ». Jean-Baptiste Clertant est un garçon gentil. Chaque jour qui passe le plonge de plus en plus dans l'horreur de la traite.
Ce Candide imaginaire - Jean-Baptiste Clertant - écrit dans son journal (p. 152 de l'édition poche)
[avertissons le lecteur : le vocabulaire utilisé est empreint du racisme ordinaire de l'époque NdE] :

« Naïvement, j'avais imaginé que la traite des nègres, telle que je la voyais pratiquée depuis notre départ du Havre, ne pouvait être défendue par quiconque, car contraire aux principes les plus élémentaires de la dignité humaine. Sa brutalité était si proprement effroyable que nulle argutie ou théorie ne serait jamais en mesure de la justifier. Voilà ce que je pensais avant que le capitaine Fortin, avec une assurance maîtrisée, ne me montrât tout l'inverse.
Il fallait donc le reconnaître, les tenants de l'esclavagisme possédaient des arguments, organisés suivant une véritable théorie raisonnée, éloignée de toute improvisation. Cette théorie, ils la revendiquaient haut et fort, et à l'écouter sans y prendre garde, rien ne semblait plus convaincant que cette démonstration. »
Le capitaine Fortin – porte-parole de la traite - continuait dans l'abjection en utilisant même l'argument patriotique :
« Pour finir, il y avait l'argument suprême, celui du patriote qui retournait soudain l'accusation et montrait du doigt, comme un ennemi, celui qui défendait la cause des malheureux esclaves. Alors, par un surprenant travestissement de la réalité, les abolitionnistes avaient à se défendre de propager des idées sournoises qui mettaient en péril les fondements du royaume, son unité, sa richesse et sa prospérité.
N'était-ce pas effrayant que d'une question aussi limpide la cupidité la plus abjecte en fasse l'objet d'une controverse où les débatteurs débattaient, les polémistes polémiquaient, les ergoteurs ergotaient, les embrouilleurs embrouillaient, et où finalement les hésitants _ qui sont assurément les plus nombreux _ hésitaient ?»
Comme Jean-Baptiste, je croyais aussi, naïvement, que les gens qui commettaient des horreurs au delà du supportable n'avaient pas d'arguments pour défendre leurs agissements. Mais tous les monstres revendiquent leurs actions et développent tout un argumentaire pour cela.
On distingue plusieurs types d'arguments.

Les arguments économiques

Contrairement aux arguments moralistes, ceux-ci ont l'apparence de l'objectivité. Seulement, ils ont aussi pour ambition de convaincre les interlocuteurs du fait qu'il ne puisse pas y avoir d'autres solutions que l’esclavage ou le colonialisme.
Condorcet note un argument fréquent chez les esclavagistes:
« On prétend qu'il est impossible de cultiver les colonies sans Nègres esclaves ».
Ensuite il démonte cette idée et révèle qu'elle cache toute la violence qui dépend de ce choix.
« Nous admettrons ici cette allégation, nous supposerons cette impossibilité absolue. Il est clair qu'elle ne peut rendre l'esclave légitime. En effet, si la nécessité absolue de conserver notre existence peut nous autoriser à blesser le droit d'un homme, la violence cesse d'être légitime à l'instant où cette nécessité absolue vient à cesser : or il n'est pas question ici de ce genre de nécessité, mais seulement de la perte de la fortune des colons. Ainsi, demander se cet intérêt rend l'esclavage légitime, c'est demander s'il m'est permis de conserver ma fortune par un crime. Le besoin absolu que j'aurais des chevaux de mon voisin pour cultiver mon champ ne me donnerait pas le droit de voler ses chevaux ; pourquoi donc aurai-je le droit de l'obliger lui-même par la violence de le cultiver ». (p 27, Réflexions sur l'esclavage des Nègres, Condorcet)
Les colonialistes français du XIXème et XXème siècle considéraient que l'expansion du territoire français permettrait un enrichissement de la métropole.
Jules Ferry plus connu pour la création de l'école gratuite, laïque et obligatoire mais moins pour son combat en faveur du colonialisme prononce un discours le 28 juillet 1885.
Claude Liauzu énumère le contenu de ce discours :
« la colonisation assure des matières premières, fournit des débouchés à l'industrie et permet un placement avantageux des capitaux. Si la France veut demeurer une grande puissance, elle doit constituer un empire colonial. Autrement, ce serait la décadence. »
Cette argumentation économique avait auparavant déjà été battue en brèche par plusieurs libéraux dont Adam Smith, John Stuart Mill, Richard Cobden, leader de l'école de Manchester mais aussi Jean-Baptiste Say.
Jean-Baptiste Say écrit dans Traité d'économie politique en 1826 :
« il est impossible que les peuples d'Europe ne comprennent pas bientôt combien les colonies leur sont à charge. »
Claude Liauzu résume l'argumentation des économistes anticolonialistes :
« En réalité, les produits coloniaux sont achetés avec les ressources provenant de l'agriculture et de l'industrie métropolitaine. Le commerce s'amplifie beaucoup plus dans les relations de liberté que dans les relations coloniales. » (p 80)

Les argumentations humanistes

Mais ceux qui souhaitent exploiter les pays du Sud ont aussi trouvé toute une argumentation humaniste. Les enfoirés ont toujours besoin de se faire croire que leurs saloperies sont utiles pour le bien de l'humanité.
C'est peut être une spécificité de l'être humain. Lorsqu'il agit de façon contraire à toute humanisme, il ne s'avoue pas que la réalité morale de ses actes est horrible, et il contrebalance l'horreur de ses agissements par une pseudo morale humaniste.
Condorcet, au XVIII° siècle, montrait quel argumentaire pseudo humaniste utilisaient les esclavagistes pour se donner bonne conscience et pour continuer leur commerce.
Dans le chapitre 2 de Réflexions sur l'esclavage des Nègres, nommé Raisons dont on se sert pour excuser l'esclavage des nègres
« ON DIT, POUR EXCUSER l'esclavage des Nègres achetés en Afrique, que ces malheureux sont, ou des criminels condamnés au dernier supplice, ou des prisonniers de guerre qui seraient mis à mort, s'ils n'étaient pas achetés par les Européens. "
Les colonialistes de la fin du XIX° siècle et les précurseurs de la fin du XVIII° tel que le comte Volney (il deviendra le mentor de Bonaparte) considéraient que grâce à leur domination ils permettraient aux populations colonisées de s'émanciper.
« Émanciper les peuples du joug du fanatisme et de la tyrannie, ou d'une domination étrangère comme celle des Mamelouks, c'est aller vers un monde où se côtoieraient des « corps de nations éclairés et libres » où « la communication des lumières d'une portion s'étendra de proche en proche, et gagnera le tout. Par la loi de l'imitation, l'exemple d'un premier sera suivi par les autres ; ils adapteront son esprit, ses lois, jusqu'à ce que l'espèce entière devienne une grande société, une même famille gouvernée par le même esprit, par de communes lois, et jouissant de toute la félicité dont la nation humaine est capable. » Constantin François, comte de Volney, Les ruines
De même, l'anti-esclavagiste Victor Hugo, lors d'un banquet célébrant l'abolition de l'esclavage, fait l'apologie du colonialisme en proclamant : 
« La Méditerranée est un lac de civilisation ; ce n'est certes pas pour rien que la Méditerranée a sur l'un de ses bords le vieil univers et sur l'autre l'univers ignoré, c’est-à-dire d'un côté toute la civilisation et de l'autre toute la barbarie (…). Dieu offre l'Afrique à l'Europe. Prenez – la. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais pour l'industrie ; non pour la conquête, mais pour la fraternité … Allez, faites ! Faites des routes, faites des ports, faites des villes ; croissez, cultivez, colonisez, multipliez. » (discours du 18 juin 1879 lors d'un banquet célébrant l'abolition de l'esclavage ( p 98 Claude Liauzu)
Victor Hugo, avec son statut d'intellectuel, donne une dimension humaniste à la colonisation. Si on modernise les pays colonisés, alors on peut dominer ses habitants. Voilà le message sous-jacent de ce discours.

L'ECLAIRAGE DE FRANZ FANON

Frantz Fanon montre comment la France - pays qui colonise l'Algérie, exploite sa population et torture ses opposants - a la bonne conscience colonialiste qui revient, à peine quelques colons meurent sous les bombes des colonisés.
« Le gouvernement français trouvera son deuxième argument dans ce qu'on appelle le terrorisme. Les bombes à Alger seront exploitées par le service de propagande. Enfants blessés, innocents, qui ne s'appellent pas Borgeaud ou qui ne répondent pas à la classique définition du « féroce colonialiste » posent aux démocrates français des problèmes inattendus. La gauche est ébranchée ; Sakamody renforcera ce recul. Dix civils français sont tués dans une embuscade et toute la gauche française, dans un unanime sursaut, de s'écrier : on ne vous suit plus. La propagande s'orchestre, s'insinue dans les esprits et démantèle les convictions déjà fissurées. Le concept de barbarie apparaît et il est décidé que la France en Algérie combat la barbarie. ( p 86) »

La comparaison du plus pauvre des « blancs » par rapport au sort de la masse des Africains dont le colonisateur est responsable.

Olivier Merle dans Noir Négoce met en valeur cette argumentation à travers les propos de Criquot, premier lieutenant du navire :
« On dit même que le sort des esclaves dans nos colonies vaut mieux que celui de nos ouvriers qui ne trouvent plus à se nourrir quand le travail vient à manquer, de même nos paysans qui meurent littéralement de faim en cas d'intempéries et de mauvaises récoltes. Au moins, l'esclave a le gîte et le couvert garantis, en toutes circonstances, et je crois qu'il y a bien des malheureux dans notre pays qui doivent envier cette condition »
La comparaison entre le pauvre du pays dominant et le pauvre « blanc » est souvent utilisée. Le raciste esclavagiste ou colonialiste aggrave sa pathologie raciste d'occupant ou d'esclavagiste en recherchant le sort du plus pauvre des « blancs » pour le comparer au sort de la masse des africains.
Condorcet écrit à ce propos :
« Après tout, dit-on, les Nègres ne sont pas si maltraités que l'ont prétendu nos déclamateurs philosophes ; la perte de la liberté n'est rien pour eux ; au fond, ils sont même plus heureux que les paysans libres de l'Europe ; enfin, leurs maîtres étant intéressés à les conserver, ils doivent les ménager, du moins comme nous ménageons les bêtes de somme ». (p 69 Réflexions sur l'esclavage des Nègres)

« Si on n'exploitait pas telle ou telle population, ce serait nos concurrents (ou adversaire) qui le ferait à notre place », voici l'argument utilisé lors de la colonisation, la traite et le néocolonialisme 

Le personnage du capitaine de Olivier Merle défend l'idée que, si les Français ne pratiquaient pas la traite ce serait les Anglais qui prendraient leur place.
« Dois-je vous informer, également, monsieur Clertant, que vos rêveries sentimentales, si nous les mettions en pratique, nuiraient gravement à notre pays ? Croyez-vous que si nous abolissions l'esclavage, les Anglais feraient de même ? Certes non ! Et ceux-là seraient trop heureux de voir une grande nation comme la nôtre retourner contre elle le glaive qui l'a pourtant portée si haut ! Car, n'en doutons pas, interdire l'esclavage dans nos colonies, c'est ruiner celles-ci dans l'instant, et affaiblir la France ! » Olivier Merle Noir Négoce (p 340)

EN CONCLUSION PROVISOIRE

Aujourd'hui, on entend souvent parmi les partisans du néocolonialisme que « si la France n'était pas présente dans certains pays d'Afrique, la Chine la remplacerait. Et, son comportement à l'égard des Africains serait pire que celui des Français ».
Les arguments ne changent pas beaucoup parce que l'horreur des agissements des néocolonialistes ne différe pas par rapport à l'époque de la colonisation.
3 millions de bébé meurent chaque année à cause de l'occupation française. (source INED 2008). Les conséquences sanitaires de l'occupation ont ce résultat.
Les salarié de Bolloré dans les plantations SOCAPALM au Cameroun sont payés - à la même date - 50 euros par mois. Et Michael Agbor, syndicaliste a été menacé de mort car il demandait quelques euros de plus.


La France tuait aveuglement en Côte d'Ivoire en 2011 afin de pouvoir mettre au pouvoir son dictateur préféré, Alassane Ouattara - au détriment du président légitime Laurent Gbagbo.
Les arguments des sanguinaires ne sont écoutés que par ceux qui ont intérêt à y croire. Si ces arguments ont toujours eu un écho chez les Français, c'est parce que ceux-ci savent consciemment ou inconsciemment que leur niveau de vie élevé dépend du niveau de vie esclavagiste des Africains : 1/20° du SMIC de France pour les employés de Bolloré.



LIRE AUSSI

lundi 9 juillet 2012


Crimes barbares de la monarchie belge dans "LE POIDS DE L'AFRIQUE" de Charles-Henri Favrod (Seuil 1958)

mardi 4 août 2015

Quand les progressistes deviennent obscurantistes (Luther VS Copernic et Thomas Müntzer)

Nicolas Copernic (1473-1543)
Astronome polonais
Par Julie Amadis
Le 01/08/2015


« Ce nouvel astrologue, ce fou qui prétend bouleverser l’astronomie ! »1 (source    Johann Aurifaber, citant Luther 1566)

Quelques mots qu'avait prononcé Martin Luther, le père du protestantisme, à l'encontre de Nicolas Copernic, le grand Astronome polonais, père de l'héliocentrisme.




Quand démarre une révolte ou révolution, les secondes classes spoliatrices se montrent au côté des spoliatés pour ensuite les trahir et les réprimer très durement.
L'attitude de Luther dans le mouvement révolutionnaire du XVIème siècle est un parfait exemple illustrant cette thèse.
Friedrich Engels, dans la « Guerre des paysans », montre que Luther, en remettant en cause l'attitude de l'Eglise - contraire aux préceptes de la Bible - est le déclencheur de la Révolte Paysanne.
Pour faire face à l’Église et à l'aristocratie, la bourgeoisie représentée par Luther, s'est alliée dans un premier temps avec les paysans.
Mais, craignant de voir ses privilèges détruits par ce mouvement révolutionnaire des plus pauvres, la bourgeoisie a choisi par la suite de s'opposer au mouvement des paysans avec la plus extrême sévérité.

Le langage utilisé par Martin Luther pour appeler ses partisans à réprimer la révolte paysanne est d'une telle cruauté qu'on aurait peine à penser qu'il provient de celui qui a remis en cause l’Église.

De la même manière, Copernic sera insulté par Luther. La défense de l'héliocentrisme remet bien trop en cause l'ordre établi. Luther balaie donc d'un revers de main tout le travail scientifique de Copernic en le traitant de « fou ».

Aujourd'hui, il apparaît que, alors même que la révolution n'a pas encore eu lieu, les secondes classes spoliatrices ont un discours et des comportements contradictoires.
D'un côté, l'Innovoisie et la Formoisie se montrent progressistes. De l'autre, elles sont à l'initiative de lois répressives pour défendre leurs privilèges.
L'analyse du personnage de Luther qui s'en prend à la fois aux paysans révoltés et au scientifique progressiste Copernic nous éclaire sur l'identification des ennemis des représentants des secondes classes spoliatrices qui sont à la fois les spoliatés et les scientifiques matérialistes.



MARTIN LUTHER ET NICOLAS COPERNIC :
DEUX ENNEMIS DE LA SOCIÉTÉ FÉODALE


Martin Luther est celui qui remis en cause la société féodale en critiquant le fonctionnement de l’Église.
Comme le souligne Engels, à l'époque féodale, critiquer l’Église c'est critiquer le féodalisme

Friedrich Engels
auteur de "La guerre des paysans"
« Il est clair que toutes les attaques dirigées en général contre le féodalisme devaient être avant tout des attaques contre l'Église, toutes les doctrines révolutionnaires sociales et politiques devaient être en même temps et principalement des hérésies théologiques. Pour pouvoir toucher aux conditions sociales existantes, il fallait leur enlever leur auréole sacrée. » La guerre des paysans Friedrich Engels

Copernic a défendu et développé la théorie astrophysique de l'héliocentrisme. Son travail de scientifique remettait en cause les fondements scientifiques, philosophiques et sociaux de la société de l'époque. Au XVIème siècle, pour tout un chacun la Terre était immobile et situé au centre de l'Univers.
Mais certains redécouvrirent la thèse majeure de Philolaos et de l'école du Puthagoras.

Copernic souligne l'importance prise, dans l'évolution de sa réflexion, par le concept de la Terre en mouvement selon Philolaos :
« D'autres pensent que la Terre se meut. Ainsi, Philolaos le Pythagoricien dit que la Terre se meut autour du Feu en un cercle oblique, de même que le Soleil et la Lune. Héraclide du Pont et Ecphantos le Pythagoricien ne donnent pas, il est vrai, à la Terre un mouvement de translation... Partant de là, j'ai commencé, moi aussi, à penser à la mobilité de la Terre. »
— Copernic, Lettre au pape Paul III, préface à Des révolutions des orbes célestes, 1543.
Philolaos évalua le mois lunaire à 29 jours et demi, l'année lunaire à 354 jours et l'année solaire à 365 jours et demi.(Philolaos de Crotone sur Wikipédia)
L'héliocentrisme en rendant la Terre mobile et d'une importance égale aux autres planètes (elle n'était plus au centre de l'Univers !) modifiait considérablement les fondements d'une société inégale.

Martin Luther comme Nicolas Copernic transformait la société féodale du début du XVIème siècle.

Tous les deux étaient les ennemis du Vatican et de la classe dominante, la noblesse.

LUTHER S'EN PREND POURTANT
DE MANIÈRE ACHARNÉE A COPERNIC...


Alors Pourquoi Martin Luther s'en prend-il de manière acharnée à Copernic ?
Martin Luther (1483-1546)

Luther insultait Copernic de "fou" :

« Ce nouvel astrologue, ce fou qui prétend bouleverser l’astronomie ! »

Luther est représentant d'une certaine bourgeoisie progressiste.

Copernic de par sa découverte va beaucoup plus loin que Luther dans la remise en cause de l'ordre établi.
Mettre le Soleil au centre de l'Univers et y faire tourner les planètes autour, c'est changer d'échelle.

Tout paraissait petit à l'égard de cette grande découverte scientifique. Les planètes tournent autour du Soleil. Les hommes ne sont donc qu'un élément dans un système gigantesque.

LES HUMAINS APPARAISSANT COMME DES FOURMIS


Et tout paraît tout à coup minuscule.
Les minuscules humains paraissent tous identiques vu du cosmos comme les fourmis nous paraissent toutes identiques vu du haut de nos 1 mètre 65.

Alors dans ce nouvel ordre, les dominants exploiteurs qui veulent faire croire au petit peuple qu'ils sont très importants n'ont plus de prétexte pour spolier les autres.

Luther voulait bien remettre en cause l’accaparement des biens de l'Eglise, le clientélisme et la corruption des membres du clergé.

LUTHER REPRÉSENTANT DE LA BOURGEOISIE
NE VEUT PAS DE LA REMISE EN CAUSE
DE L'ORDRE ÉTABLI DE COPERNIC


Mais Luther ne voulait pas mettre à bas l'ordre établi. Parmi ses adeptes, il y avait des seigneurs et propriétaires terriens. Luther est le digne représentant de la bourgeoisie naissante.
« (...) sous la bannière de la Réforme luthérienne bourgeoise-modérée se rassemblent les éléments possédants de l'opposition, la masse de la petite noblesse, la bourgeoisie, et même une partie des princes séculiers, qui espéraient s'enrichir par la confiscation des biens de l'Église et voulaient profiter de l'occasion pour conquérir une indépendance plus grande à l'égard de l'Empire. Enfin, les paysans et les plébéiens constituaient le parti révolutionnaire, dont les revendications et les doctrines furent exprimées avec le plus d'acuité par Thomas Münzer. » La guerre des paysans Friedrich Engels
La preuve en est son attitude répressive face à la révolte des paysans. Martin Luther appelle à "égorger et passer au fil de l'épée" les paysans qui se rebellent contre les seigneurs !
« Luther, voyant la révolte paysanne se retourner contre ses appuis seigneuriaux,
La bataille contre les Rustauds
(Gravure de Gabriel Salmon, 1526)
condamna les soulèvements de 1525 dans une courte brochure d'une rare violence, véritable appel au massacre, intitulée Contre les bandes pillardes et meurtrières des paysans, dans laquelle il écrit1:
« (...) tous ceux qui le peuvent doivent assommer, égorger et passer au fil de l'épée, secrètement ou en public, en sachant qu'il n'est rien de plus venimeux, de plus nuisible, de plus diabolique qu'un rebelle (...). Ici, c'est le temps du glaive et de la colère, et non le temps de la clémence. Aussi l'autorité doit-elle foncer hardiment et frapper en toute bonne conscience, frapper aussi longtemps
Thomas Müntzer
Leader de la révolte des paysans de 1523
que la révolte aura un souffle de vie. (...) C'est pourquoi, chers seigneurs, (...) poignardez, pourfendez, égorgez à qui mieux mieux". » wikipédia Guerre des paysans allemands
La révolution Copernicienne de Copernic portait en elle-même l'égalisme. Les humains, tous minuscule et en mouvement permanent n'avaient pas de raisons de vivre dans des conditions différentes.



LA BOURGEOISIE, SECONDE CLASSE SPOLIATRICE
AU XVIème SIÈCLE S'EN PREND AUX PLUS PAUVRES


Supplice d'un meneur de guerre des paysans
(Jäcklein Rohrbach)
 Luther est le représentant de la classe bourgeoise. Et c'est en tant que représentant de la seconde classe spoliatrice de l'époque qu'il s'en prend à la fois à Copernic et aux paysans pauvres.

La première classe spoliatrice au XVIème siècle est la noblesse. Elle exploite la paysannerie.
La bourgeoisie n'a pas le pouvoir politique. Mais elle a un pouvoir économique et financier important sous la Renaissance.

Le souhait de la bourgeoisie, en tant que seconde classe spoliatrice, est de prendre la place de la première classe spoliatrice, la noblesse.

POUR PRENDRE LA PLACE DE LA PREMIÈRE CLASSE SPOLIATRICE LA SECONDE A UN DISCOURS PROGRESSISTE
EN FAVEUR DES SPOLIATÉS

Pour prendre la place de la noblesse, la bourgeoisie a besoin de l'appui des plus pauvres, des paysans...

Elle va donc développer un discours progressiste. Ce discours peut prendre une forme rebelle voir révolutionnaire contre la classe sociale au pouvoir.

Martin Luther au début avait un discours véhément contre les rois, les princes et les prêtres. Il apparaissait révolutionnaire.

Engels décrit le Luther du début du mouvement pour la Réforme :
« Lorsque, en 1517, Luther attaqua tout d'abord les dogmes et la constitution de l'Église catholique, son opposition n'avait pas encore de caractère bien déterminé. Sans dépasser les revendications de l'ancienne hérésie bourgeoise, elle n'excluait aucune tendance plus radicale et ne le pouvait d'ailleurs pas. Car il fallait unir tous les éléments d'opposition, déployer l'énergie la plus résolument révolutionnaire et représenter l'ensemble de l'hérésie antérieure en face de l'orthodoxie catholique. (...)
La
forte nature paysanne de Luther se manifesta au cours de cette première période de son activité de la manière la plus impétueuse.
« Si le déchaînement de leur furie devait continuer, écrivait-il en parlant des prêtres romains, il me semble qu'il n'y aurait certes meilleur moyen et remède pour le faire cesser que de voir les rois et les princes intervenir par la violence, attaquer cette engeance néfaste qui empoisonne le monde et mettre fin à leur entreprise par les armes et non par la parole. De même que nous châtions les voleurs par la corde, les assassins par l'épée, les hérétiques par le feu, pourquoi n'attaquons-nous pas plutôt ces néfastes professeurs de ruine, les papes, les cardinaux, les évêques et toute la horde de la Sodome romaine, avec toutes les armes dont nous disposons, et ne lavons-nous pas nos mains dans leur sang ? » la guerre des paysans Friedrich Engels
Les secondes classes spoliatrices d'aujourd'hui, l'Innovoisie (classe détentrice de droits d'auteur) et la Formoisie (classe détentrice de diplômes), agissent exactement comme la bourgeoisie Luthérienne du XVIème siècle. Ces deux classes sociales usent à la fois d'un discours progressiste et de la répression quand il s'agit de protéger leur part du butin.

L'Innovoisie se montre solidaire des pauvres en organisant des actions type Resto du Cœur et qui en même temps organise le flicage généralisé d'internet (ADOPI) pour protéger leur droit d'auteur !

La Formoisie développe des actions et un discours en défense des spoliatés Palestiniens pendant que ses représentants pactisent avec la Franceafrique ! On peut citer Stéphane Hessel qui dénonçait Israël pendant qu'il faisait la propagande du dictateur Compaoré qu'il appelait "mon ami".

Ces classes spoliatrices secondaires utilisent les « valeurs progressistes humanistes » pour avoir la caution du peuple. Une caution (ou soutien) nécessaire pour prendre le pouvoir et la place de la première classe spoliatrice.


...MAIS LES VÉRITABLES ENNEMIS DES SECONDES CLASSES SPOLIATRICES SONT LES SPOLIATÉS ...


Mais leurs véritables ennemis sont bien sûr les spoliatés. Ces spoliateurs secondaires veulent continuer à les spolier pour pouvoir garder leur niveau de richesse ou les spolier encore davantage pour augmenter leur niveau de richesse. Ils savent que l'injustice découlant de cette inégalité criante amènera inexorablement à des révoltes contre eux. Ils savent aussi que leur véritable allié dans une situation de révolte est la première classe spoliatrice

Ceux qui portent la parole des spoliatés, leurs représentants sont combattus avec un acharnement sans aucune mesure avec celui utilisé pour « combattre » la première classe spoliatée.



lundi 11 mai 2015

Liberté volée, nom volé, Histoire volée : le sort tragique des esclaves et de leurs descendants en Amérique

De la négation du véritable nom des esclaves
à la négation de l'histoire de l'esclavage aux États-Unis

Par Julie Amadis
Le 11/05/15

"... alors, oui, je ressens de la culpabilité...
...on se rend compte petit à petit
que la richesse de cette partie du monde
-une richesse dont j'ai profité-
a été crée par un demi-million de Noirs réduits en esclavage.

Comment se fait-il que nous soyons
incapables de le reconnaitre ?"
John Cummings fondateur
du musée de l'esclavage de la plantation Whitney "


Alex Haley a écrit
une biographie de Malcolm X
 
"Mon père n'a pas connu son nom de famille.
Mon père a obtenu son nom de famille de son grand-père
et son grand-père l'a obtenu de son grand-père
qui l'a obtenu du propriétaire d'esclaves.
Nos vrais noms ont été détruits pendant l'esclavage.
Le nom de famille de mes ancêtres en Afrique
est resté le même jusqu'à l'arrivée en Amérique
et ensuite quand ils sont devenus esclaves,
on a donné le nom du maitre d'esclaves,
que nous refusons, nous rejetons
ce nom aujourd'hui et le refusons.
Je ne le reconnaitrai jamais.
"
(Malcolm X)



Malcolm X expliquait dans l’émission TV "City Desk" à Chicago le 17 mars 1963 pourquoi il avait
Malcolm X
Révolutionnaire Américain
( - )
choisi de se nommer X :

"My father didn’t know his last name. My father got his last name from his grandfather and his grandfather got it from his grandfather who got it from the slave-master. The real names of our people were destroyed during slavery. The last name of my forefathers was taken from them when they were brought to America and made slaves, and then the name of the slave-master was given, which we refuse, we reject that name today and refuse it. I never acknowledge it whatsoever." (source : le Vrai Post)






  

EN DEVENANT ESCLAVE, LES AFRICAINS KIDNAPPES
ONT PERDU LEUR NOM D'ORIGINE
EN MÊME TEMPS QU'ILS SONT DEVENUS ESCLAVES

Les esclaves ne possédaient même pas leur nom.
C'était celui du maître. Pour faire oublier leur ancienne vie en Afrique - une vie de liberté - il fallait leur voler toute leur identité. Et donc leur nom.



Alex Haley, écrivain et journaliste a fait une biographie de  Malcolm X. Le choix de Malcolm de se nommer X a interpellé Alex et l'a amené à questionner sa tante qui lui a répondu :

« Nous, on le connait notre nom,c 'est Kinté »
Alors Alex Haley s'est dit moi qui connais mon nom, j'ai le devoir de retrouver l'histoire de ma famille et de la faire connaitre.
 C'est cette quête de l' histoire de sa famille qui est retranscrite dans un "familiographie" romanesque "Racines" en 1976.
Ce livre sera adapté pour la télévision en 6 épisodes et porté à l'écran entre le 23 et le 30 janvier 1977.

En voyageant jusqu'en Afrique, Alex Haley a refait toute la généalogie de sa famille jusqu'à son ancêtre.
Dans la mémoire d'un griot, il a retrouvé la trace de Kounta Kinté , son ancêtre capturé dans son village en Gambie.
Alex Haley est allé jusqu'en Gambie dans le village où Kounta Kinté avait été capturé pour être envoyé en Amérique et vendu comme esclave.
"Parallèlement, dès 1964, les histoires familiales qu'Alex Haley avaient entendues dans sa jeunesse le poussent à étudier son ascendance maternelle, d'origine africaine. Haley conduit sa recherche dans la bibliothèque du Congrès et en Grande-Bretagne, où les compagnies maritimes affrétaient les convois esclavagistes. Il consulte des linguistes pour mieux connaître la langue du pays dont il pense être originaire - la Gambie.
S'étant rendu au petit village de Juffureh, en Gambie, il rencontre un griot. Celui-ci lui donne un exposé oral de l'histoire tribale de Mandinka sur sept générations, jusqu'à l'histoire du jeune Kunta Kinte guerrier mandingue musulman qui s'est fait piéger dans la forêt en recherchant du bois pour faire un tambour." (wikipédia)
Il raconte cela dans son film Racines. Ce feuilleton retrace l'histoire de sa famille au fil des générations de Kounta Kinté jusqu'à Alex Haley lui-même.
L'émotion ressentie les spectateurs de cette série provient du fait qu'elle touche profondément à ce que nous sommes, les humains. Et c'est sans doute pour cette raison que Racines a eu un énorme succès.
"Quand la chaîne ABC (American Broadcasting Company) diffusa pour la première fois la série, celle ci pris le monde par surprise et créa une onde de choc à travers la diaspora noire, et à travers tous les Etats-Unis. C’était au cours de la dernière semaine de janvier 1977. La lutte pour les droits civiques en Amérique du Nord, et les mouvements anti-colonialistes africains avait popularisé dans le monde le problème de la condition des Noirs. Cependant, le succès de la série prit son créateur Alex Haley et la chaîne ABC par surprise. Celle ci craignant que le sujet abordé ne fasse chuter les audiences et diminuer le nombre de téléspectateurs avait en effet diffusé les huit épisodes de la série en seulement une semaine.
Mais "Racines" dépassa largement les attentes en réunissant un des publics les plus larges jamais rassemblé pour une série dramatique dans l’histoire de la télévision aux Etats-Unis. "(Grioo)
Alex Haley, en mettant en lumière les origines africaines de ces milliers d'"American Africans" leur a redonné une fierté.

LA CULPABILITÉ DES AMÉRICAINS VIS A VIS DE L'ESCLAVAGE

L'esclavage aux États Unis est un tabou. Sans doute parce que les descendants des esclaves y sont opprimés, eux aussi.
La classe dirigeante et les membres bien conformistes de cette société ne souhaitent pas qu'on leur rappelle d'où vient leur racisme.
Surtout au moment où la police assassine quasiment impunément ceux qui ressemblent à ces esclaves.
Les réactions d'une partie de la population face au projet devenu réalité de construction d'un musée de l'esclavage est révélateur de la mentalité de nombreux Américains à la peau rose claire en ce qui concerne le passé esclavagiste des États Unis.


LE MUSÉE DE LA PLANTATION WHITNEY

Un riche Américain, John Cummings a décidé d'utiliser son argent pour créer un musée en mémoire de l'esclavage. Il a transformé une ancienne plantation en musée. La plantation Whitney, située à 50 km de la Nouvelle-Orléans est donc devenue un musée.
A son apogée économique, Whitney Plantation englobait 1.700 hectares, la plus grande partie plantés en canne à sucre. La famille Haydel qui a fondé la plantation a été l'un des plus grands propriétaires d'esclaves en Louisiane. En 1860, ils possédaient 101 esclaves noirs, tous figurant sur un inventaire avec leurs prénoms, âges, sexes, couleur de peau, compétences professionnelles et pays d'origine. Deux des 101 étaient des esclaves "marrons", ou fugueurs, et supposés s'être réfugié dans un marais voisin. (source The New Orleans Advocate)
Son projet n'est compris ni par son entourage, ni par ceux qui sont descendants d'esclavagistes... Il est très critiqué dans la région où il vit :
Le musée sur l'esclavage
de la plantation Whitney
en Louisiane
fondé par
John Cummings
"On m'a posé des tas de questions, explique Cummings. On a dit que c'était la culpabilité blanche qui sous tendait ma démarche. On a prétendu que le petit Blanc voulait essayer de se faire de l'argent sur l'esclavage. Mais en fait tout se résume à une chose : est-ce que vous, vous ne pensez pas que l'histoire de l'esclavage est quelque chose d'important".(Courrier International n°1277, Extrait du New York Times)

LA "SPLENDEUR DISPARUE" DU SUD ESCLAVAGISTE

Son musée est le seul aux alentours. Les autres plantations ont une fonction esthétique pour les touristes. Jamais personne n'a eu l'idée de rappeler l'histoire de l'esclavage.
"Mais les plus voyantes (les plantations) sont celles qui ont été restaurés à l'intention des touristes, pour les replonger dans la splendeur disparue du Sud profond - l'époque des mint juleps (cocktails à base de bourbon), des jardins soignés et des crinolines - en évitant soigneusement de rappeler qu'une telle splendeur n'était possible que grâce à l'esclavage d'êtres humains à la peau noire."
John Cummings est un homme à part. Une exception parmi ces riches Américains à la peau clair descendant de maitres esclavagistes. Lui se sent coupable et souhaite raconter l'horreur de l'esclavage.

Ce fondateur du musée de l'esclavage est lucide sur les raisons de l'hostilité américaine face à cette période historique. Il explique que toute la richesse des États Unis existe parce que on a mis en esclavages des millions d'Africains !
"S'il existe pas de meilleur terme que "culpabilité" alors, oui, je ressens de la culpabilité, avoue-t-il. Ce que je veux dire, c'est qu'on se rend compte petit à petit que la richesse de cette partie du monde-une richesse dont j'ai profité-a été crée par un demi-million de Noirs réduits en esclavage. Comment se fait-il que nous soyons incapables de le reconnaitre ?"

LES USA CONTINUENT A EXPLOITER LE MONDE ENTIER

Si comme le dit Cummings l'Amérique est "incapable de reconnaitre" que sa richesse provient du travail des esclaves c'est parce que ce pays continue à exploiter !
Ils exploitent le monde entier.
L'esclavage moderne, avec ses salaires à 50 euros, à 40 euros par mois, il est encore présent partout. Il est présent en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie.

vendredi 26 avril 2013


32€ par mois: 230 morts au Bangladesh, 230 morts du capitalisme pour des salaires de misère.


Dessin représentant Abdoulaye Camara
tué le 16 décembre 2014 de 10 balles
par 2 policiers au Havre jamais poursuivis


VOLER LA LIBERTÉ, VOLER L'HISTOIRE

Pour écraser psychologiquement une personne et la soumettre, il faut nier son histoire.
Les esclavagistes américain du XVII° siècle ont commencé en supprimant le nom d'origine des Africains qu'ils avaient achetés.
Aujourd'hui en 2015, la classe dominante américaine continue d'opprimer les Étasuniens qui ont la peau foncée et pour se faire elle nie leur histoire, l'histoire de l'esclavage.

Chacun doit se rappeler la phrase phare répétée au fil des générations par les descendants de Kounta Kinté :


« Le premier esclave n'a pas toujours été esclave. Il était libre en Afrique." 
La plupart des Africains étaient libres et heureux avant que les Européens n'arrivent et ne les entraînent dans des navires pour les transformer en esclaves.
Avec l'aide des guerriers locaux esclavagistes, les puissances européennes les ont transformés en esclaves.
Mais après l'abolition de l'esclavage officiel, l'abolition de la vente d'humains, un autre esclavage a été mis en place. Il a pris pour nom "colonialisme" puis "néo-colonialisme".
Les Africains travaillent pour 10% même 5% de leur salaire normal, mais sur place, en Afrique même.
Un paysan de Bolloré reçoit 50 euros par mois pour un travail qui serait payé plus de 1000 euros en France.
Le racisme a été soigneusement entretenu pour pouvoir payer un Africain 20 fois moins qu'un Européen ou qu'un citoyen des USA et le laisser crever !
100 millions d'enfants morts en Afrique en 25 ans !

100 millions d'enfants morts en 25 ans en Afrique ! Un génocide sanitaire Franceàfric 1990-2014

Les êtres humains à la peau foncée qui vivent dans les pays au passé esclavagiste et aux pratiques néo-esclavagistes  subissent ce racisme. Un racisme qui justifie l'esclavage actuel, les salaires 20 fois inférieurs.
C'est de ce racisme dont sont morts Freddie Gray, Abdoulaye Camara, Mohamed Rajhi et tous les autres...

Freddie Gray a été tué à Baltimore par des policiers racistes aux États Unis
Abdoulaye Camara a été tué au Havre par des policiers racistes en France.

L'histoire de l'esclavage est tabou parce que l'oppression raciste continue !



lundi 27 avril 2015

Les enfants apprennent mieux quand on leur permet d'être utile (#IpEaVàEaFàF)

Les enfants apprennent mieux quand on leur permet d'être utile (#IpEaVàEaFàF)


Quelques unes des marionnettes qu'avaient fabriquées
mes élèves de CE1 en décembre 2013 pour le spectacle
devant les parents d'élèves. Le rapport d'inspection n'a vu
aucun travaux artistiques cette année de mon exclusion.
par Julie Amadis
#IpEaVàEaFàF
écrit le 11/10/14
Publié le 27/04/15

L'enthousiasme de mes élèves quand il s'agissait d'être utile aux autres est sans commune mesure avec toutes les autres activités qu'aiment traditionnellement les enfants comme  les sorties scolaires, les activités de découverte etc....

RACONTER AUX "PETITS" DES HISTOIRES EN ANGLAIS (2012-2013)

En 2012-13, quand mes élèves de 9-10 ans (CM1) allaient chez les "petits" de 6-7 ans (CP-CE1) leur lire des livres en anglais,  ils amélioraient considérablement le ton, l'accent, le vocabulaire en anglais. Un élève (bilingue) dont l'anglais était la langue maternelle et arrivé en France à l'âge de 6 ans était le conseiller technique de toute la classe : c'est lui qui veillait dans tous les groupes d'enfants à l'utilisation du bon accent.

DES EXPOSES EN CLASSE DEVANT LES CAMARADES PUIS POUR UN SITE D'ÉCOLE QUI DEVIENNENT UN "SPECTACLE D'EXPOSÉS" DEVANT 70 PARENTS D'ÉLÈVES ET FAMILLES (école Dauphine au Havre juin 2012)

En 2011-2012, les exposés des élèves de CE2 (8-9 ans) étaient faits devant leurs camarades : 3 élèves au tableau décrivaient un thème librement choisi. Puis, ces exposés étaient rédigés pour les mettre sur le site de l'école. Enfin, ces exposés furent présentés dans un spectacle de fin d'année aux parents. Avec un grand écran présentant les images et les photos préparées sur ordinateurs par les enfants en groupes de 3.
Tout ce travail de préparation leur avait fait faire des progrès importants en rédaction, en recherche d'informations et en culture générale.
Adultes, témoins de leur exposé, nous avions été stupéfaits par le travail de précisions et de sérieux de ces élèves qui n'avaient que 8 et 9 ans !

UN SPECTACLE DE MARIONNETTES ÉCRIT, JOUE, MIS EN SCÈNE ET PRÉSENTÉ AUX PARENTS D'ÉLÈVES PAR DES ENFANTS DE 7-8 ANS (école Valmy Le Havre décembre 2013)

 J'ai pu constater la créativité des enfants et leur capacité à se surpasser quand il s'agissait d'informer, de faire passer un bon moment aux spectateurs, de faire rire les autres.
Des enfants de CE1 (aucun n'avait huit ans) avaient réalisé un spectacle de marionnettes entre novembre et décembre 2013.
Ils se montrèrent capables d'inventer seuls des histoires (voir en bas de la page) après avoir choisi eux-mêmes quels en étaient les personnages.
Pendant le spectacle du 20 décembre 2013, ils ont fait mourir de rire à 2 reprises une salle de plus de 60 personnes
Les enfants aident aussi leurs camarades spontanément et quand on les laisse pouvoir le faire, ils sont contents d'apprendre pour pouvoir expliquer aux autres ensuite.

APPRENDRE POUR ÊTRE UTILE AUX AUTRES
OU "L'ENSEIGNEMENT POUR L'ENSEIGNEMENT"




Where is Spot ? de Eric Hill est l'un des livres que les CM1 que j'avais une fois par semaine lisaient aux CP et aux CE1. Ils revenaient dans la classe enthousiasmés de la réaction des plus petits. Et les collègues des classes de cours préparatoires me disaient que "leurs élèves attendaient avec impatiente la venue des plus grands"

Dans mes classes, les enfants étaient tous très enthousiastes et actifs quand il s'agissait de construire quelque chose de concrètement utile qui allaient servir à d'autres.
Apprendre pour soi uniquement n'a pas toujours de l’intérêt. L'humain a vocation à être utile. Les enfants ne font pas exception, bien au contraire.
Demandez à des enfants de vous aider à porter des chaises...
Tous se battront pour venir vous aider.
Il faut donc tenir compte de cette volonté d'"utilité dans l'apprentissage" et mettre en relation apprentissage et utilité sociale.

IVAN ILLICH CRITIQUAIT
L'"ENSEIGNEMENT POUR L'ENSEIGNEMENT"


Ivan Illitch critiquait justement cette pensée éducative de "l'enseignement pour l'enseignement".
"Où trouverait-on à l'école les conditions propres à encourager la libre expérimentation des connaissances acquises, la découverte personnelle ? (C'est cette définition que je voudrais donner à l'expression "éducation libérale" que j'utiliserai par la suite.) Ces conditions ne se rencontrent pas dans l'établissement scolaire parce que l'élève est contraint d'y être, parce que la doctrine c'est "l'enseignement pour l'enseignement". Il est donc là en résidence surveillée, en compagnie d'enseignants, et la récompense qui lui est promise c'est d'y demeurer un peu plus longtemps ..." (Ivan Illitch, Une société sans école, p 37)

LA PÉDAGOGIE DE L'ENTRAIDE :
APPRENDRE C'EST POUVOIR AIDER LES AUTRES


Dans ma première classe de CP à la Providence en 2008/2009 (je n'étais pas titulaire et avait un mi temps dans cette classe), je pratiquais l'entraide clandestinement. (J'avais été virée de mon précédent poste d'Assistante Pédagogique j'avais été virée de mon précédent poste d'Assistante Pédagogique après avoir témoigné de violences à enfants.par un inspecteur pro-violences après avoir témoigné de fessées sur des enfants de 3 ans.)
Je ne m'en vantais pas auprès de mes collègues. J'étais nouvelle et débutante.

L'ENTRAIDE, MEILLEUR SOUVENIR DE L’ANNÉE


En fin d'année, j'avais demandé aux enfants :
 "Quel a été votre meilleur souvenir cette année ?".
Pauline avait répondu "ce que j'ai préféré c'est aider Yanis". Et Yanis avait ensuite répondu de même pour Pauline.
Ce n'était pas les sorties, ni les projets mis en place, ni même le carnaval qui les avaient marqués mais l'entraide, le sentiment d'être utile et les liens de camaraderie qui en découlait.

Yanis était un enfant qui avait décroché en début d'année. Il était arrivé dans cette école privée après s'être fait virer de la cantine de l'école publique où il se trouvait auparavant.
Dès mon premier jour d'école, il s'était fait remarquer parce qu'il avait découpé son tee shirt. Ensuite, pour la débutante que j'étais, il avait été difficile de le canaliser.
Son échec scolaire précoce l'amenait à être en rébellion constante. Il arrivait qu'il pousse des colères et fassent tomber délibérément toutes ses affaires de sa table.

Pauline était aussi une élève en échec, qui redoublait son CP, qui n'osait jamais. Elle avait perdu confiance en elle.

DES PROGRÈS ÉNORMES PAR L'ENTRAIDE


Ces deux enfants là ont beaucoup progressé à tous points de vue. Yanis est devenu un élève apprécié des autres, un élève heureux de commencer à réussir, à savoir lire, écrire et compter. Un élève qui voulait toujours montrer qu'il savait. Et j'ai commencé à le voir se transformer en élève gentil avec les autres et enthousiaste à apprendre quand il était en position d'être aidé et d'aider.

Et Pauline osait enfin s'exprimer devant le groupe classe. Au quoi de neuf, elle s'inscrivait de plus en plus souvent, elle levait aussi de plus en plus souvent la main pour répondre à des questions de la maîtresse, n'était plus seule à la récréation et jouait avec des camarades. Elle avait aussi davantage confiance en elle, elle essayait de faire les activités. Des progrès ont aussi été constaté dans les diverses disciplines scolaires (mais de façon moins nette qu'au niveau des attitudes face au savoir et avec les autres)

INVENTER DES MÉTHODES OU DES ACTIVITÉS
POUR AIDER LES AUTRES

Cette méthode je l'ai appliquée dans mes autres classes jusqu'à ma suspension puis mon exclusion.

J'ai toujours vu les élèves se dépêcher de finir une activité pour pouvoir aider quelqu'un.

Ce qui faisait le plus plaisir aux élèves, c'était d'inventer des méthodes ou des activités pour aider les autres. J'ai vu beaucoup d'innovations de la part des enfants pour aider les enfants roumains de la classe à apprendre à parler, lire et écrire en français.
Au début, je les voyais reprendre les mêmes activités que les miennes puis ensuite ils se sont mis à inventer des jeux de cartes, à faire des petites activités sur l'ardoise que je n'avais pas déjà faite....

Aider les autres, les enfants aiment ça. Et encore plus quand ils peuvent aider en prenant des initiatives.

MONTER DES PROJETS A VOCATION D’UTILITÉ SOCIALE SUSCITE MOTIVATION ET ENTHOUSIASME CHEZ LES ENFANTS


Marionnettes fabriquées par les élèves de CE1
Chaque enfant a crée la marionnette du personnage de son histoire

Ce sont les marionnettes qui servaient à
s'entraîner. Il n'y avait pas encore de projet
de spectacle à ce moment là


Patapouf le personnage principal d'une des histoires
marionnette fabriquée grâce à des matériaux apportés
spontanément par les enfants












Quand les projets ont vocation à être utiles socialement, les élèves sont très enthousiastes.
Mes élèves de l'an dernier avaient inventé des histoires.
Ils avaient l'habitude de les mettre en scène avec des marionnettes toutes faites que j'avais achetées.
Ils adoraient ça. Mais quand il s'est agit d'organiser un spectacle pour les parents, leur motivation a grandi.

DE NOUVELLES IDÉES TOUS LES JOURS

Ils avaient toujours de nouvelles idées pour le spectacle. Ils apportaient du matériel pour la fabrication des marionnettes tous les jours, s'entraînaient à la récréation, débattaient de leur histoire, entraînaient ceux qui avaient plus de difficultés pour que ce soit réussit ....


Le spectacle de marionnettes. Il y avait un conteur sur le côté. Et les autres enfants derrière le castelet.
L'apprentissage va de pair avec l'utilité sociale.

DEWEY, DECROLY ET FREINET PERMETTAIENT
AUX ÉLÈVES DE DEVENIR DE PETITS JOURNALISTES

Dewey (Etats Unis) et Decroly (Belgique) furent les premiers à mettre en place le journal scolaire dans leur classe respective.
Les journaux scolaires de la classe de Decroly s’appelaient "L'écho de l'école" en 1917, puis "Le courrier de l'école" en 1925. Son idée est de permettre aux élèves de chaque classe de s'exprimer librement.


Celestin Freinet reprendra cette idée et la développera. Tous inscrivaient leur pédagogie dans une action plus globale au sein de la société.
Les élèves créaient un journal. Il y a donc des décisions à prendre. Et pour créer quelque chose, il faut coopérer et prendre des initiatives.
L'enfant n'est plus spectateur mais acteur.

RENDRE PUBLICS LES ÉCRITS DES ÉLÈVES
LEUR DONNE UNE FONCTION SOCIALE ET LES MOTIVE
UN BLOG D'ECOLE DAUPHINE 2011-2012

La directrice de l'école Dauphine au Havre, dans laquelle je me suis retrouvée lors de ma première année en tant que fonctionnaire stagiaire, avait compris l'importance de mettre en valeur les travaux des élèves. Elle avait crée un blog d'école. Mes élèves de CE2 faisaient les exposés de leur choix et leurs écrits étaient sur le site.(Ces traces ont toutes été effacées depuis) Les familles des enfants mettaient des commentaires souvent très touchants pour encourager leur enfant et les autres élèves. La dynamique dans la recherche d'information et le désir d'écrire étaient beaucoup plus grandes que lorsque j'organisais la discipline production écrite sans montrer à quiconque le rendu des productions. 

LES JOURNAUX SCOLAIRES DE CELESTIN FREINET

Freinet et Dewey iront plus loin que Decroly sur cette question. Freinet va se battre pour que les journaux de sa classe soient considérés au même titre que n'importe quel périodique. Michel Barré, ami de Ceslestin Freinet, témoigne :
"En 1951, lorsque Freinet demanda à obtenir ce tarif pour les journaux scolaires, on lui répondit officiellement que c'était "réservé aux organes d'information et de culture". Travaillant alors à son secrétariat, je me souviens de sa colère. Il me demanda d'acheter au kiosque de la gare une sélection de ce qui existait de plus nul dans la presse dite du cœur et les journaux pour enfants, bénéficiant du statut de périodiques.
Mon choix était si caractéristique que j'étais honteux de payer mon achat. Nous avons préparé un dossier significatif où figuraient aussi des extraits de journaux scolaires, qui fut distribué aux parlementaires.
Il fallut pourtant des années pour obtenir, à condition de centraliser les demandes à l'ICEM, que les journaux des enfants soient considérés comme de vrais périodiques."

Michel Barré (source)
Dewey aura lui aussi ce souci de rendre publique les articles de ces élèves.
»
« Ajoutons que l'école a acheté le journal local et qu'elle imprime un numéro hebdomadaire de quatre pages contenant des nouvelles locales et scolaires. Ce sont les élèves qui vont aux nouvelles composent la plupart des articles et les impriment. Ils s'occupent également de la gestion administrative du journal, sollicitant ici et là des annonces et des abonnements. Les professeurs de langue les aident quand besoin est.» (Amélie Hamaide, extrait de son livre, La méthode Decroly, repris par Christian Poslaniec)
Le feed back du public et l'utilité de donner des informations et rendre des lecteurs heureux de lire leurs écrits amènent les enfants à être très motivés par ce qu'ils sont en train de faire.

La motivation des élèves est énorme. Je l'ai vu dans mes classes.
Elise Freinet la décrit très bien :
" Les devoirs sont faits avec plus d'élan. On y sent plus de liberté, plus d'expansion, et parfois comme une joie sous-jacente à s'exprimer, à dire ses pensées. Après correction du maître, les meilleurs sont combinés par une équipe, corrigés et recorrigés par les rédacteurs eux-mêmes." (Freinet, Élise, 1981, p. 228, Naissance d'une pédagogie populaire. Historique de l'école moderne)
Les études scientifiques montrent que plus les élèves sont motivés, mieux ils réussissent.

Thérèse Bouffart, chercheuse à l'Université du Quebec à Montréal, écrit :
"La motivation des élèves fait partie des facteurs les plus déterminants
sur lesquels repose la réussite scolaire.
Or, cette motivation est sensible et tend à baisser au fur et à mesure de la progression dans le système scolaire."(source)
Laissons les enfants se rendre utile. Intégrons les apprentissages dans une perspective d'entraide et de projet. Les enfants seront plus heureux, plus enthousiastes à apprendre. Et peut être que les résultats PISA seront meilleurs qu'ils ne le sont actuellement.

Henri Laborit, Sophocle et Antigone: La fuite et la résistance. La victoire est au bout des deux chemins


par Julie Amadis
#IpEaVàEaFàF
27/04/15

(écrit le 2/10/14)


"On sort toujours gagnant d'un combat éthique"
cf infra.

 "..dans le monde où règne le principe
de réalité, la soumission et la révolte, la dominance
et le conservatisme auront perdu pour le fuyard leur
caractère anxiogène et ne seront plus considérés que
comme un jeu auquel on peut, sans crainte,
participer de façon à se faire accepter par les autres
comme « normal ». Dans ce monde de la réalité, il
est possible de jouer jusqu'au bord de la rupture avec
le groupe dominant, et de fuir en établissant des
relations avec d'autres groupes si nécessaire, et en
gardant intacte sa gratification imaginaire, la seule
qui soit essentielle et hors d'atteinte des groupes
sociaux.
Ce comportement de fuite sera le seul à permettre
de demeurer normal par rapport à soi-même, aussi
longtemps que la majorité des hommes qui se
considèrent normaux tenteront sans succès de le
devenir en cherchant à établir leur dominance,
individuelle, de groupe, de classe, de nation, de
blocs de nations, etc.
L'expérimentation montre en
effet que la mise en alerte de l'hypophyse et de la
corticosurrénale, qui aboutit si elle dure à la
pathologie viscérale des maladies dites
«psychosomatiques», est le fait des dominés, ou de
ceux qui cherchent sans succès à établir leur
dominance, ou encore des dominants dont la
dominance est contestée et qui tentent de la
maintenir."
(Henri Laborit, Eloge de la fuite)


ce beau dessin vient du site
de Philippe Remacle dans l'édition
bilinguegrec-français d'Antigone

KRÉÔN.
Et ainsi, tu as osé violer ces lois ?

ANTIGONÈ.
C’est que Zeus ne les a point faites, ni la justice qui siège auprès des dieux souterrains. Et je n’ai pas cru que tes édits pussent l’emporter sur les lois non écrites et immuables des dieux, puisque tu n’es qu’un mortel. Ce n’est point d’aujourd’hui, ni d’hier, qu’elles sont immuables ; mais elles sont éternellement puissantes, et nul ne sait depuis combien de temps elles sont nées. Je n’ai pas dû, par crainte des ordres d’un seul homme, mériter d’être châtiée par les dieux. Je savais que je dois mourir un jour, comment ne pas le savoir ? même sans ta volonté, et si je meurs avant le temps, ce me sera un bien, je pense. Quiconque vit comme moi au milieu d’innombrables misères, celui-là n’a-t-il pas profit à mourir ? Certes, la destinée qui m’attend ne m’afflige en rien. Si j’avais laissé non enseveli le cadavre de l’enfant de ma mère, cela m’eût affligée ; mais ce que j’ai fait ne m’afflige pas. Et si je te semble avoir agi follement, peut-être suis-je accusée de folie par un insensé. (Antigonè Sophocle Wikisource)

LIRE AUSSI : Je n'avais pas lu son livre "Eloge de la fuite" ! Henri Laborit expliquait l'attitude de l'administration et de mes collègues

 L'ARME DE L'ANALYSE ET DE L'INTELLIGENCE
FACE A L'ARME DE LA MÉDISANCE ET DU POUVOIR

Je donnais hier en conclusion de mon article - et en exergue - cette citation fondamentale de Henri Laborit :
 "Ce sont les confréries qui s'attaquent aujourd'hui à l'homme seul, et si celui-ci a le malheur d'accepter la confrontation, elles sont sûres de la victoire, car elles exprimeront le conformisme, les préjugés, les lois socio-culturel du moment." (Eloge de la fuite)
La victoire, l'Inspecteur de circonscription, les Inspecteurs d'Académie de Rouen et du Havre, mes deux directeurs d'école,  mes collègues l'ont obtenue:
Je suis exclue de l'Education Nationale.
Mais quelle victoire .ont - ils obtenue ?
Une victoire administrative.
Je suis exclue sans même qu'ils respectent la jurisprudence. Celle-ci prévoit un revenu de remplacement. (tribunal administratif de Paris le 4 février 1988)
"Résumé : 16-06-07, 16-06-08, 36-08-03, 36-09 L'agent titulaire d'une commune exclu de ses fonctions pour une durée d'un an doit être regardé comme involontairement privé d'emploi au sens de l'article L. 351-1 du code du travail et a droit au revenu de remplacement prévu par cet article "
 Je ne suis plus dans leur institution...
L'inspecteur a même porté plainte contre moi pour un commentaire Youtube. J'ai été arrêtée par la BAC dans un café.  Ils pensent m'avoir de la sorte discréditée ....
Ils pensent pouvoir continuer à protéger les agresseurs d'enfants dans les écoles en toute impunité ....
Henri Laborit, s'il vivait encore (et serait centenaire né le 21 novembre 1914 ) et s'il connaissait cette histoire, me dirait peut être, que "c'est une défaite" et qu'il fallait fuir.

UNE VICTOIRE DE FAÇADE

Mais pour les "vainqueurs", pour ceux qui m'ont exclue pour deux ans, tout cela n'est qu'une victoire de façade....
La vraie victoire, la victoire éthique, c'est notre camp - le camp de ceux qui défendent les enfants - qui l'avons gagnée.

ON SORT TOUJOURS GAGNANT
D'UN COMBAT ÉTHIQUE

On sort toujours gagnant d'un combat éthique. On en sort plus humain... Et le fait qu'on ait pu résister malgré toutes les répressions montre que c'est possible... Et donc ce n'est pas perdu ... C'est donc utile à la cause.

Il faut combattre !!!

L'HUMANITE EST TOUJOURS GAGNANTE DU COMBAT

L'humanité est toujours gagnante du combat. S'il n'y avait que des fuyards, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen n'aurait jamais existé, Toussaint Louverture et ses camarades ne se seraient jamais rebellés contre l'esclavage et les esclaves seraient toujours dans les champs de coton à travailler dix huit heures par jour sous la menace du coup de bâton, les nazis seraient toujours au pouvoir ....

Mais Henri Laborit a raison quand il écrit :
Laborit et son équipe du Laboratoire
d'Eutonologie (années 1980)
"Dans ce monde de la réalité, il est possible de jouer jusqu'au bord de la rupture avec le groupe dominant, et de fuir en établissant des relations avec d'autres groupes si nécessaire, et en gardant intacte sa gratification imaginaire, la seule qui soit essentielle et hors d'atteinte des groupes sociaux."
 Dans le combat, il faut parfois savoir fuir. Il est surtout important de ne pas perdre de vu que l'entreprise de discrédit organisée contre vous par le camp d'adverse n'est qu'une imposture basée sur des préjugés et des rumeurs.
Leurs attaques psychologiques ne doivent pas pouvoir atteindre l'individu sain. Pour ce faire, il peut être utile de se reculer, de fuir ce "milieu" pour reprendre ses esprits, retrouver la raison et donc être plus fort pour faire gagner les idées de justice et de liberté.

ANTIGONE, HÉROÏNE DES RÉSISTANTS DEPUIS 2455 ANS

Antigone, le personnage mythologique que Sophocle remis en scène en -441, à travers ses paroles, résume où se trouve la vérité.:


 «  je n’ai pas cru que tes édits pussent l’emporter sur les lois non écrites et immuables des dieux, puisque tu n’es qu’un mortel. Ce n’est point d’aujourd’hui, ni d’hier, qu’elles sont immuables ; mais elles sont éternellement puissantes, et nul ne sait depuis combien de temps elles sont nées. » (Antigonè Sophocle Wikisource)

Les gens de pouvoir et ceux qui y sont assujettis (comme mes collègues) se protègent en fonction de lois écrites dans une société injuste, inégalitaire et liberticide.
Et ils bafouent même régulièrement celles qui les dérangent : l'article 222-13 du code pénal aurait du être appliqué depuis déjà 6 ans.
Ils instrumentalisent des règles écrites pour protéger l'ordre établi.
Car ils pensent que la réalité se trouvent dans les règlements et textes administratifs inscrits dans ce cadre. Mais ces mêmes personnes ne pensent pas aux lois non écrites dont parle Antigone. Ces lois de l'éthique humaine qu'ils bafouent chaque jour. Ce que les juristes appellent "le droit naturel".
Car comme le dit Sophocle à la fin de son histoire, le malheur n'est pas celui que l'on croit être au premier abord, brouillé par nos préjugés ....
Ce n'est pas la mort d'Antigone qui est le plus triste, mais la bêtise et la méchanceté de ceux qui l'ont tuée.
« Dans le monde, de tous les malheurs attachés à l'homme, la bêtise est le plus grand » (Sophocle, Antigone)
La victoire c'est donc notre camp qui l'avons gagnée et non celui de l'administration, des syndicats et de mes collègues qui protègent ceux qui tapent les enfants.